TL;DR — Si vous avez payé un faux technicien Microsoft (ou Apple, ou votre banque), agissez dans les 24 heures : contestez le paiement auprès de votre banque, déposez une plainte pénale et signalez au NCSC. Le remboursement est possible selon le mode de paiement. Les délais sont critiques.
D'abord : sécurisez votre PC et vos comptes
Avant de vous occuper du recours financier, si le faux technicien a eu accès à votre PC via un logiciel à distance (AnyDesk, TeamViewer) — lisez notre guide accès à distance frauduleux et sécurisez vos comptes bancaires et mots de passe. C'est la priorité absolue.
Selon le mode de paiement : vos options
Paiement par carte bancaire (Visa, Mastercard, carte débit)
C'est le mode où vous avez les meilleures chances de récupérer votre argent. Le mécanisme s'appelle le chargeback (contestation de paiement) :
- Appelez votre banque dans les 24–48 heures et demandez à « contester une transaction frauduleuse »
- Expliquez qu'il s'agit d'une arnaque — vous avez été trompé sur la nature du service
- La banque ouvre un dossier de litige (dispute) auprès du réseau de carte (Visa/Mastercard)
- Si la demande de chargeback est acceptée, le montant est provisoirement crédité sur votre compte le temps de l'enquête
Délai légal pour un chargeback : généralement 120 jours après la transaction, selon votre banque et le réseau de carte. N'attendez pas.
Virement bancaire SEPA ou international
Plus difficile à récupérer, mais pas impossible :
- Contactez votre banque immédiatement et demandez un « rappel de virement » — si le virement n'a pas encore été traité ou que les fonds sont encore sur le compte destinataire, il est parfois possible de les bloquer
- Si les fonds ont déjà été transférés vers un compte étranger, la récupération est très difficile. La plainte pénale reste nécessaire pour votre dossier
Cartes prépayées (Paysafecard, iTunes, Google Play, NEOSURF)
Les escrocs demandent souvent ces cartes car elles sont pratiquement irrécupérables une fois les codes communiqués. Les codes donnent accès aux fonds comme de l'argent liquide et sont anonymes. Malheureusement, dans la grande majorité des cas, ces fonds ne sont pas récupérables. La plainte pénale reste néanmoins importante.
Cryptomonnaies (Bitcoin, USDT)
Irrécupérables dans presque tous les cas. La blockchain est immuable — une fois le transfert effectué, il ne peut pas être annulé. La plainte pénale peut aider dans le cadre d'une enquête internationale, mais la récupération directe est quasi nulle.

Porter plainte en Suisse
Déposez une plainte pénale même si vous pensez que l'argent est irrécupérable. Les raisons :
- La plainte constitue un dossier officiel — nécessaire pour une demande de remboursement assurantiel
- Les plaintes agrégées permettent aux autorités d'identifier et poursuivre les réseaux criminels
- Certaines assurances ménage (en Suisse, assurances casco, protections juridiques) couvrent les arnaques en ligne — la plainte est une condition nécessaire
Comment porter plainte
- En ligne : certains cantons acceptent les plaintes en ligne (Vaud : vd.ch → Police → Plainte)
- En personne : dans n'importe quel poste de police cantonal
- Documents à préparer : captures d'écran de la pop-up, du numéro appelé, des échanges avec le faux technicien, relevés bancaires montrant la transaction
Signaler au NCSC (Centre National pour la Cybersécurité)
Signalez sur report.ncsc.admin.ch. Le NCSC collecte les données sur les arnaques actives en Suisse, publie des alertes et coopère avec Europol et les forces de l'ordre européennes. Votre signalement contribue à démanteler les réseaux.
Votre assurance peut-elle couvrir l'arnaque ?
Selon votre police d'assurance :
- Assurance ménage avec protection cyberrisques : certaines assurances suisses (Helvetia, Zurich, AXA) proposent des extensions couvrant les arnaques en ligne. Vérifiez vos conditions générales ou appelez votre assureur
- Protection juridique : peut couvrir les frais de procédure pour récupérer les fonds
- Assurance carte bancaire : certaines cartes premium (Visa Infinite, Mastercard Gold) incluent des protections contre la fraude allant au-delà du chargeback standard
Ce que les escrocs font après le paiement
Connaître leur mode opératoire aide à anticiper les suites :
- Rappel en se faisant passer pour un rembourseur : quelques jours après, ils rappellent en prétendant offrir un remboursement de leur service. Ils demandent votre accès bancaire pour « effectuer le remboursement » — c'est une deuxième arnaque. Ne les rappellez jamais
- Revente de vos données : votre numéro est souvent revendu à d'autres escrocs. Attendez-vous à recevoir d'autres appels de faux rembourseurs ou faux policiers
- Réactivation de l'accès : s'ils ont installé un RAT sur votre PC, ils peuvent revenir quand bon leur semble
FAQ — Victime de faux technicien Microsoft
Le faux technicien m'a dit qu'il était de Microsoft Suisse — Microsoft peut-il être tenu responsable ?
Non. Microsoft (la vraie entreprise) n'est pas responsable des escrocs qui usurpent son nom. Vous ne pouvez pas vous retourner contre Microsoft. Ces arnaques opèrent depuis l'étranger (souvent Inde, Roumanie) sous de faux noms.
J'ai honte d'en parler — c'est normal ?
Tout à fait normal, et très fréquent. Ces arnaques sont sophistiquées et professionnelles — elles piègent des personnes de tous niveaux d'éducation et de tous âges. Les escrocs passent des semaines à perfectionner leurs techniques. Vous n'êtes pas responsable d'avoir été trompé. Plus vous en parlez, plus vite vous agissez et limitez les dégâts.
Quel montant moyen est prélevé ?
En Suisse, les montants constatés varient de CHF 150 à CHF 5 000. Les escrocs commencent souvent par un montant modeste (CHF 100–300) puis rappellent pour des « services supplémentaires ».
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